La transition écologique s’impose aujourd’hui comme un axe majeur de transformation des métiers. Concrètement, cela impacte aussi les certifications professionnelles, qui doivent désormais intégrer ces enjeux de manière structurée, et surtout crédible.
Cet été, les ministères de l’Aménagement du territoire et de la Transition écologique ont publié un vademecum très complet sur la place de la transition écologique dans les certifications.
Un document dense, utile, mais parfois exigeant à traduire en actions concrètes.
L’objectif de cet article : expliquer simplement ce que cela signifie pour les certificateurs, les organismes de formation et tous les acteurs de la compétence, et comment intégrer ces évolutions sans tomber dans le « greenwashing administratif ».
L’esprit du vademecum : intégrer, pas surajouter
La transition écologique dans une certification, ce n’est pas une phrase en plus dans un référentiel.
Ce n’est pas non plus une rubrique “Développement durable” ajoutée par réflexe.
L’enjeu est d’intégrer les impacts environnementaux dans les activités réelles du métier.
Dans de nombreux secteurs, ces enjeux existent déjà dans les pratiques : gestion des ressources, choix de matériaux, empreinte carbone, tri et recyclage, sobriété énergétique, etc.
Le rôle des certificateurs et des OF est plutôt de formaliser ces réalités que de les inventer.
3 leviers concrets pour démarrer :
Dans le référentiel d’activités
Identifier où, dans le métier, la dimension écologique intervient déjà :
– optimisation des ressources,
– gestion des déchets,
– choix de solutions moins impactantes, etc.
Dans le référentiel de compétences
Traduire ces enjeux en compétences opérationnelles et observables.
Exemples :
– « Adapter ses pratiques professionnelles aux contraintes environnementales du secteur »
– « Intégrer des critères de durabilité dans ses décisions techniques »
Dans le référentiel d’évaluation
Prévoir des mises en situation permettant d’évaluer réellement ces compétences.
Une méthode en 6 étapes pour transformer votre certification
Le vademecum propose une démarche structurée. Reprise de façon accessible, elle tient en six étapes clés :
- Constater — analyser les impacts environnementaux dans le métier
- Analyser — identifier les activités, compétences et gestes réellement concernés
- Consulter — associer les acteurs : entreprises, branches, experts, formateurs, pairs
- Formaliser — intégrer ces éléments dans les référentiels
- Évaluer — vérifier la prise en compte dans les pratiques professionnelles
- Actualiser — faire évoluer régulièrement les contenus selon les mutations du secteur
Autrement dit : la transition écologique devient une dimension transversale, inscrite dans la durée. Pas un “module de plus”, mais un critère de cohérence globale.
Le rôle de la veille : l’écologie, ça commence en amont du dossier
Avant même de rédiger la moindre ligne de référentiel, il faut savoir ce qui évolue dans les métiers. La meilleure boussole ? La veille prospective. Voici trois sources simples et souvent sous-exploitées :
- Les observatoires de branche : Études sur les métiers, transformations sectorielles, compétences émergentes.
- Les acteurs territoriaux (OPCO, CARIF-OREF, Régions) : Ils détectent rapidement les évolutions locales : pratiques, innovations, tensions.
- Les réseaux de pairs, anciens certifiés et entreprises utilisatrices : Ils apportent la réalité du terrain… et évitent de théoriser hors-sol.
Une veille active permet d’éviter la tentation de « plaquer du vert » là où ça n’a pas de sens… tout en détectant les compétences vraiment émergentes.
Ce qu’il faut retenir : une transition qui doit être réfléchie, collective et évolutive
Pour intégrer la transition écologique dans une certification, trois principes se dégagent :
- Ne pas plaquer, intégrer : La cohérence prime. Il s’agit de faire évoluer les trois référentiels (activités, compétences, évaluations) sans artifice.
- Anticiper par la veille : Ce qu’on ne surveille pas aujourd’hui sera obsolète demain. La transition écologique modifie déjà les pratiques de nombreux métiers.
- Travailler en réseau : Plus les points de vue sont croisés, plus la certification gagne en pertinence.
Et dans votre organisme, où en êtes-vous de cette intégration ?
La transition écologique n’est plus un sujet « complémentaire », c’est une grille de lecture indispensable pour sécuriser et valoriser une certification. Alors, comment ces enjeux se traduisent-ils dans vos référentiels et vos pratiques ?
Et si un accompagnement vous permettait d’avancer plus sereinement… pourquoi ne pas en discuter ?

